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JEAN-MARC DALLANEGRA |
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GALERIE W : 30 novembre 2011 / 30 janvier 2012
1964 :
Jean-Marc (Marcel-Louis) Dallanegra nait le 9 juin à la Celle-Saint-Cloud. Son père est artisan et peintre. Les Dallanegra sont d’origine italienne. De la grande lignée des « Ramoneurs de Pardi » (Parme). Au XVème siècle la famille était « Della Negra », et c’est en 1917 que l’administration réunit « Dalla » et « Negra ». 1978 : A la sortie du primaire, il est un cancre à la Prévert. Ses professeurs, pour être tranquilles, lui permettent de dessiner pendant les cours. C’est l’attraction à la sortie des cours... Et quand à la fin de l’année on remet tous les pupitres à neuf, ceux « bariolés » par Dallanegra sont laissés intacts par les femmes de ménage. 1979 : Il commence des études de dessin industriel. 1984 : Il sillonne l’Europe en autostop. L’Espagne, la Hollande, l’Italie, la France… de long en large. 1985 : Il est reçu avec mention aux Beaux-arts. 1988 : Le directeur des études lui refuse (injustement) une bourse pour un voyage… d’études. Il proteste… par écrit. C’est au cœur de l’Algérie qu’il apprend, trois mois plus tard, son renvoi des Beaux-arts. Désert, bateau et chameau pour son premier voyage initiatique. Il traverse le désert algérien jusqu’à Tamanrasset. 1989 : Avec Didier Guilbaut et Manuel Leonardi (deux copains peintres) ils vendent leurs peintures aux Puces. « Galerie Vaillante » (parce que rue Paul Vaillant Couturier). Il dissuadait souvent ses acheteurs, leur conseillant par exemple d’emmener leurs enfants en vacances plutôt que d’acheter ses tableaux. 1993 : De retour sur Paris, il fait des recherches sur Malevitch et prépare un nouveau départ pour l’Algérie, cette fois en voiture. Quinze jours avant le départ, il rencontre Véronique (sa compagne depuis son retour). En Algérie, confondu, dans le désert, avec un espion, il fait quelques jours de prison. Il revient de son voyage avec un projet « tellurique ». Il aimerait installer de grands panneaux peints en bordure des autoroutes pour que les conducteurs à grande vitesse aient une image subliminale des régions telluriques qu’ils traversent. Il commence son travail sur les routes. 1994 : Naissance de Nemo, son fils. Il arrête de vendre aux Puces et fait ses premiers Salons (Bastille, Bruxelles, Berlin). Premier atelier, à Belleville. 1998 : Voyage à Los Angeles. 1999 : Beyrouth. Il y passe plusieurs mois. Et y réalise plusieurs expositions. 2000 : Naissance de Loreleï, sa fille. Rencontre avec Eric Landau et la Galerie W. 2001 : Exposition chez « W » à Bruxelles, puis à Paris. 2002 : Première toile blanche à la voiture bleue sur support métissé (lin et coton). Exposition « Galerie Expo 411 », Overijse, en Belgique. 2003 : Installation dans un atelier « W » aux Abbesses. 2004 : Exposition à l’Essec, au CNIT La Défense. Exposition à « W ». Jean-Marc Dallanegra a affronté quelques problèmes liés à l’utilisation du blanc… Sa persévérance lui a permis d’aboutir. Même si son chemin des routes parait loin d’être fini. Il ne peint plus que sur du lin (plus solide), les formats augmentent, les châssis sont à clef et en pin, plus secs et réglables. Il maîtrise « son » blanc à l’huile, plus fragile, plus riche en pigment, long au séchage. Il a reçu, un jour ensoleillé à la terrasse d’un restaurant des Abbesses, de précieux conseils du célèbre marchand de couleurs parisien, Edouard Adam, celui-là même qui a créé, avec Yves Klein, le bleu éponyme. Dallanegra aboutit dans sa recherche, ses impressions de voyage, ses éblouissements de lumière, les mêmes qu’il rencontrait lors de ses voyages en Algérie, quand il rêvait ses projets telluriques. 2006 : Jean-Marc Dallanegra s’installe dans sa cuisine. Il réalise une série de cocotes minutes, de cuillères et de passoires. Des natures mortes peintes dans une palette de blanc, beige et gris totalement habitées par un regard d’enfant. La petite madeleine de Jean-Marc. 2007 : Le blanc reprend le dessus. Dallanegra reconstitue en céramique blanche une bataille. « Héros ». Une installation-sculpture rassemblant sept plaques de 108 x 137 cm envahies de petits soldats. Jean-Marc y conte la misère humaine : celle des hommes citoyens du monde et non citoyens de leur Terre. 2008 : Voyage à New-York. 2009 : Exposition ‘NY perspectives et échappées’ à la Galerie W. 2010 Voyage sur la Route 66. 2010 Chic Art Fair 2010, Galerie W. 2011 Chic Art Fair 2011, Galerie W.
Les routes
Jean-Marc Dallanegra veut faire partager ce sentiment « d'appartenance » à la Terre à ceux qui n'ont plus ou peu de contact avec elle. Et qui roulent, sans sensations, en avalant les kilomètres. C’est ainsi qu’il peint des routes. Avec ou sans voitures, en panoramique ou en petit angle. Des routes drapées de blanc, dans un souci d’expérimentation de lumière et de matière à travers les aspérités créées par leur manteau de neige. Ou des routes à nu, couleur de terre : beiges, grises, ocres. Jamais les mêmes. Des routes qui défilent à l'infini. Donnant le plus souvent l'impression d'être à grande vitesse sur un long ruban de bitume. Je veux peindre la réalité de mon époque. Celle où l'homme à pied a disparu, celle où il s'est créé une seconde enveloppe physique avec son auto. Montrer ce lieu goudronné où l'on passe à toute vitesse, en dehors du temps. J'aime faire vibrer ce qui paraît vide, comme le trajet d'un lieu à un autre. Les routes de Jean-Marc sont directement inspirées des photographies qu’il prend pendant ses voyages, tel un reporter. Désert algérien, Liban, Syrie, Jordanie, Chine, Etats-Unis. Ce ne sont pas tant les paysages de ces destinations qu’il a voulu immortaliser, que les impressions qu’il a ressenties à un moment précis. Ses clichés cristallisent ses émotions. De retour à la réalité parisienne, il les observe à nouveau : il est face à un souvenir visuel, olfactif ou quasi-fantasmagorique. Alors, il peut peindre… Les empreintes telluriques De son premier voyage dans le désert algérien, Jean-Marc Dallanegra a ramené une idée inédite : faire des empreintes telluriques et les installer le long des autoroutes. Ce sont des peintures très simples, abstraites, qui doivent marquer l’esprit de l’automobiliste au premier coup d’œil. Des formes donc indéfinissables aux couleurs flashantes. Sorte de message subliminal, elles rendent compte de l’énergie de la Terre dans un but thérapeutique. L’optique est là encore de mettre en contact le spectateur avec la Terre. L’empreinte tellurique, mode d’emploi selon Jean-Marc : Il ne faut pas regarder les choses, il faut se mettre en recul. C’est comme les poupées russes : c’est une mise en abyme à l’intérieur de soi-même. En opérant ce recul, on arrive à des sensations originelles. Les ustensiles de cuisine J'aime peindre les choses que tout le monde connaît, si quotidiennes qu'elles paraissent que nul n'y prête attention. Comme si la vie n'existait plus « là ». Jean-Marc raconte l’ordinaire. Une cuillère, une louche, une passoire, une perceuse, une cocotte. C’est ainsi qu’il a peint quatre-vingt-dix-neuf cocottes-minute. Comme les céramistes utilisant la technique du raku qui suivent le même rituel, toujours, et jamais ne font la même pièce. Elles sont toutes identiques : un mètre sur un mètre, vues de face, fermées, luisantes. Elles sont toutes différentes. Les Héros Réaliser « Héros », installation monumentale de petits soldats de céramique blanche, tous citoyens du monde, est une idée qui est venue à Jean-Marc de sa façon d’appréhender les êtres comme faisant partie du tissu de vie planétaire. Selon lui, nous procédons d’un système où nous avons tous ont un rôle à jouer, que nous en soyons conscients ou non. Sur Terre, on travaille à quelque chose ; mais ça ne se verra pas [à l’échelle de] notre vie ou [de] plusieurs générations, ça se fera sur plusieurs milliers d’années. Chacun a un rôle. Nous ne sommes que des outils qui nous utilisons, qui nous auto-alimentons pour ce travail-là. ![]() On pense au devenant, on parle en avant, on se découvre, on avance, on se retrouve quelquefois passager. En route. Comme si Jean-Marc nous avait laissé une place pour dire « vous avez une place dans la vie »… de passager à passeur, sur une « Route de Dallanegra », la ligne est vite franchie. Quand on est embarqué avec lui, rien ne peut s’arrêter. Le blanc à l’huile est un médium difficile. Il ne supporte pas le coton, ni les châssis verts qui se vrillent… Passées les premières surprises, encouragé, conseillé, suivi de près par ceux qui passent et viennent devant la vitrine, et qui voient - toile après toile - le travail avancer et qui - un jour - entrent, m’en parlent et puis, tout naturellement, comme lui, rêvent de la suivante et invitent d’autres à faire le même chemin… c’est ça une « Route Blanche de Dallanegra ». Une route qui avance toujours. Au fur et à mesure du passage des uns et des autres, selon le temps, la lumière, kilomètre après kilomètre. Dallanegra maîtrise ce blanc. Il y a quelque temps, je suis parti livrer deux toiles avec Jean-Marc Dallanegra. Partis de Paris à Bâle, via Thionville, nous avons roulé du matin au soir. Mille quatre cent kilomètres ont défilé, des routes bordées de neige avec des maisons, d’autres au milieu des champs… au fur et à mesure, la lumière changeait, la neige recouvrait quelquefois les forêts, et derrière les grandes descentes il y avait un horizon. J’étais devant ma toile qui défile. C’est là dans ce voyage que j’ai ressenti des impressions que j’avais eues depuis trois ans devant ses toiles. Contrairement à son habitude ce n’est pas Jean-Marc qui photographiait en conduisant, c’était moi, inspiré par mon conducteur peintre. Au retour, après avoir essuyé une tempête de neige et publié les photos sur le site web, j’ai compris qu’on avait tous un rôle à jouer : le peintre, celui qui regarde, celui qui passe devant la galerie, le passager du véhicule... Mon impression n’est pas celle d’un critique, c’est celle de celui qui expose le travail de Dallanegra, la même que celle de ceux qui s’arrêtent devant les toiles : mes premières impressions, mes premiers mots sur ce travail, c’est dans le regard des autres devant les routes de Dallanegra qu’on peut les lire. Eric Landau, Investigateur de la Galerie W |
Communiqué de presse0905 - Exposition NY perspectives et échappées (pdf) 0305 - Fondation Colas (pdf) Sélection d'oeuvres![]() Jean-Marc Dallanegra - Sans Titre - 150 x 250 cm - 2009 |
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