Élodie Lachaud

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« Mon père vend des voitures. Tous les 15 jours il passe me chercher au volant d’un nouveau cabriolet. J’ai 18 ans Je viens d’avoir ma voiture une Fiat 126 blanche. Je rentre aux Beaux Arts. J’ai une pile de contraventions. Je n’ai plus de voiture. J’habite désormais dans ma voiture : une Renault 5 bleue. Sans domicile fixe. Mes sacs de vêtements dans le coffre. Je suis free. J’aime un homme petit sexy. Je peins la nuit. La nuit je fume mes clopes dans les jardins. Je surfe dans Paris sans compte à rendre à personne. Souvent je pars à l’étranger photographier. Je travaille pour plusieurs agences de presse. Très vite je deviens indépendante. J’achète une caméra super 8. Passagère, je tourne, je peins, je conduis. Suivre le fil. 

Le temps s’est écoulé. J’ai 30 ans et une Panda rose achetée au rabais. La seule et unique dans Paris. Je passe mes journées dans ma voiture. Elle a le toit ouvrant. Je suis passée à la réalisation de vidéos clip : j’imagine le découpage des films en roulant et dessine les storyboards par terre au milieu de mon immense atelier. Le sol devient vite une œuvre d’art. Je rencontre un vrai sicilien. J’invente. Je construis. 

A présent, j’ai une Twingo noire avec un siège enfant et une carte résident. Je ne sais jamais où je l’ai garée la veille. Je la cherche toujours. Je transporte mes photos de taxi dans le coffre géant. L’atelier est plein. J’accumule. Je tasse mes robes dans les placards. Je fais l'inventaire. Récapitulation. De l’air du vide du plein J’abandonne mes robes dans l’Yonne. »

Elodie Lachaud.

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