Né en 1961 dans le Bronx, à New York, John Matos - icône alternative - bouscule les hiérarchies, établit des passerelles, élabore des carrefours entre l’affiche, la musique, les institutions, la publicité, pour aller à la rencontre d’un public neuf sinon vierge.  Artiste du graffiti - tagueur, bombeur - il inscrit son travail dans un ailleurs urbain et quotidien comme un acte performatif éphémère supprimant les intermédiaires (galeristes, directeurs de musées ou de centres d’art) entre le créateur et son public.

À la fin des années 70, les trains, les voitures, les lignes de métro deviennent  son support d’expression pour se réapproprier la ville, sa ville, New York.  

Il est l’un des premiers à franchir le pas vers le voyage inconnu de la reconnaissance du graffiti comme forme d’art légitime. La présence de ses œuvres dans les plus grands musées internationaux (du MoMA de New York au Stedelijk Museum d’Amsterdam) en témoigne. 

Consacré par une première exposition en galerie en 1981, il reste attaché à ses racines et fidèle  au principe qui est le sien depuis ses débuts : faire accepter le graffiti comme un art reconnu et sérieux. 

L’esthétique de John Matos Crash se conjugue dans la complexité des approches et des références : comic-strip, dessin, logos titres, onomatopées…couleur(s). Tout cela conduit à tisser de multiples liens avec d’autres mouvements artistiques contemporains.

En 1984, l’exposition 5/5 du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris consacrera ces filiations rhizomiques. John Matos Crash se retrouvait alors aux côtés de Robert Combas, Hervé et Buddy Di Rosa, Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, François Boisrond, Kenny Scharf, Tseng Kwang Chi, Louis Jammes, Rémi Blanchard… Son passage à la toile ne constitue pas un accommodement, encore moins un reniement, mais un prolongement, l’exploration d’un nouveau médium,

Quarante ans après, John Matos Crash persiste et signe en multipliant et renouvelant ses secteurs d’intervention : la rue, les murs, les fresques (Pop Eye, New York, 2013), les performances, les évènements, l’atelier, les guitares (pour Éric Clapton et John Mayer). En 2004, une des guitares, la ‘Crash 3’, voit son prix de vente s’envoler lors d’une vente aux enchères Christies, et sera adjugée pour 321 100 $.  

L’œuvre de John Matos Crash  est multiforme et singulièrement cohérente. 




Inspiré du texte L'énergie et l'intégralité de John Matos Crash de Robert Bonaccorsi, Directeur de la Villa Tamaris Centre d'Art, dans "Then and now John Matos Crash", Editions Galerie Brugier-Rigail Paris, Editions Villa Tamaris La Seyne-sur-Mer, 2015
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