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JEAN-CLAUDE GAUTRAND

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Jean-Claude Gautrand est un photographe, journaliste et historien de la photographie.

Il nait le 19 décembre 1932 à Sains-en-Gohelle dans le Pas-de-Calais. Dans les années 1950, il découvre la photographie et milite pour une expression individuelle. En 1964, il devient le cofondateur du groupe Libre Expression.

Inspiré d’Otto Steinert et de son livre Subjektive Fotografie, Jean-Claude Gautrand a développé une véritable poésie par l’image. La matière et la lumière prennent formes et révèlent des photographies profondes et mystérieuses. Le recours exclusif au noir et blanc renforce ces impressions.

La première période de création de Jean-Claude Gautrand s’articule autour du minéral. Elle est représentée par la série « Galet » (1967). Ensuite, le photographe s’intéresse à un élément bien plus technologique : le béton armé. Il consacre alors ses photographies à la ville : Paris et ses chantiers, la révolution urbaine des années 60 et 70. La série « Métalopolis » représente, dans une esthétique froide, proche de l’abstraction, la construction du périphérique parisien en 1964. Ces images évoquent la puissance de l’industrialisation et la déshumanisation de ces immenses chantiers urbains.

En 1971, avec la série « L’Assassinat de Baltard », il photographie la déconstruction des Halles de Baltard, des images faites de métal, de lumière et de fumée, empreintes d’une beauté douloureuse. La destruction des Halles signifiait pour Jean-Claude Gautrand, et pour beaucoup de parisiens, la disparition du cœur de Paris, un bouleversement. C’était la première structure métallique de la capitale, soit une page d’histoire et d’architecture qui disparaissait.

Depuis lors, Jean-Claude Gautrand n'a cessé d'utiliser son objectif pour témoigner du temps qui passe. Avec sa série « Bercy » (1979-1989), il raconte le sacrifice du dernier village parisien. En 1984, il est honoré du titre de Chevalier des Arts et des Lettres. C’est aussi cette même année, qu’il réalise la série « Carnac » dans laquelle il joue avec la mémoire du temps et celle des lieux. Les séries de photographies de bunkers « Forteresses du dérisoire » (1976), du village rasé en quelques heures « Ouradour-sur-Glane » (1995) et du camp de concentration
« Camp de Natzwiller-Struthof » (1996) racontent la barbarie des hommes et surtout celle de la seconde guerre mondiale. Jean-Claude Gautrand rappelle ainsi au spectateur le devoir de mémoire.

Avec « Le jardin de mon père » (2000-2003), il joue avec les ombres et la lumière, les traces du temps sur la nature. Il évoque ainsi la disparition, la mort, l’abandon.

Son activité est aussi marquée par le journalisme et la critique d’art. Il a écrit une vingtaine de livres sur l’histoire de la photographie dont « Blanquart Évrard » (1999), « Robert Doisneau » et « Jean-Pierre Sudre » (2003), « Brassaï » (2004), « Willy Ronis » (2005)



1932-51 : Naissance le 19 décembre 1932 à Sains-en-Gohelle, Pas-de-Calais. Etudes primaires et secondaires à Paris.

1945 : Premières images avec un « Superfex ».

1956 : Adhère au photo-club des PTT, découvre l’œuvre d’Otto Steinert « Subjektive Fotografie ».

1957 : Achète un « Foca Sport ».

1963 : Premières expositions. Fonde le Groupe « Gamma » avec deux amis en réaction au conformisme pictural. Cofondateur du groupe d’avant-garde « Libre Expression » avec Dieuzaide, Riehl, Gullpin, Bllet, Senil...

1964 : Adhère au Club des « 30 x 40 » dont il deviendra le vice-président.

1965 : Prix de la FIAP.

1967 : Grand Prix de la Photographie d’avant-garde en Espagne.

1968 : Grand Prix des Arts de la Ville de Marseille (Musée Cantini).

1972 : Conseiller culturel et artistique pour la photographie du Festival d’art contemporain de Royan. Travaille avec un « Minolta ».

1974 : Commissaire de l’exposition « Filleuls et Parrains » aux Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles.

1976 : Membre du Conseil d’Administration des Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles.

1977 : Membre de l’équipe rédactrice de l’Encyclopédie Prisma.

1978 : Membre du conseil artistique et du conseil d’administration de la Fondation Nationale de la Photographie à Lyon.

1980 : Commissaire de l’exposition « Dix Photographes pour le Patrimoine » au Centre Georges Pompidou, Paris. Figure dans « Histoire de la Photographie Française », Editions Contrejour.

1983 : Commissaire de l’exposition « Images de l’image » au Musée de la Poste.

1984 : Secrétaire général du Prix Nadar. Commissaire de l’exposition
« René-Jacques » à la Fondation Nationale de la Photographie, Lyon. Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

1993 : Membre du Conseil d’Administration du Centre Régional de la photographie, Nord Pas-de-Calais.




Pierre Restany parle de Jean-Claude Gautrand
« Témoignage pour un Authentique Chercheur Photographe »
Milan, 22 février 1967.

« A trente quatre ans, Jean-Claude Gautrand est un des plus brillants lauréats de la photographie expérimentale française, tributaire des plus hautes récompenses en ce domaine. C’est aussi un infatigable animateur de groupes et de clubs spécialisés, un organisateur d’expositions internationales qui voyagent à travers le monde entier. (…) Le groupe Libre Expression qu’il anime rassemble les meilleurs chercheurs photographes français contemporains.

Qu’est-ce qu’un chercheur photographe ?

La fréquentation de Gautrand m’a permis de me faire une idée à ce sujet. Comme toutes les vocations artistiques, la recherche en photographie ne paie pas son homme, le nu et certains domaines du reportage mis à part. Ces amateurs-par-la-force-des-choses en sont restés, bien injustement, au stade de la passion pure : qui songerait en 1967 à acheter des tirages photographiques d’avant-garde à de simples photographes, comme on achète un dessin, une gravure ou même la reproduction d’un chef-d’œuvre ?

Ces chercheurs sont des doux poètes qui s’obstinent dans leur vision et persévèrent dans leur être. Ils nous donnent à voir le monde d’un œil neuf, ingénu et objectif : objectivité par la caméra, dépourvu de bien des impedimenta d’une culture sclérosée, disponible aux magnifiques cadeaux de l’observation et du hasard. Bien sûr, une idée directrice, intimement liée à la structure psychologique de l’individu, ordonne les démarches. Dans le cas de Jean-Claude Gautrand, c’est bien évidemment l’esprit de géométrie. Ses photographies les plus symptomatiques, de la série « Métalopolis » traduisent en calligrammes structurés le monde architectonique du métal, de ses rails, de ses poutrelles, de ses échafaudages porteurs des villes futures. Dans les œuvres plus anciennes on retrouve toujours un très significatif penchant à l’épure, au dosage et au contraste des ombres, à l’exaltation des contours.

Il y a comme une sorte de moralité calviniste dans ce regard aigu, objectif construit, que Gautrand porte sur le monde. Son esprit renchérit sur le caractère analytique de la caméra. La rencontre est heureuse, le mariage est fécond. Gautrand apparaît comme l’un des plus doués parmi ces constructivistes du réel qui en ont repris l’investigation à ce point précis de la recherche visuelle où l’avaient laissée les peintres russes avant la révolution d’octobre et les théoriciens du Bauhaus de Weimar. Mon témoignage a l’ambition, outre de signaler au public une source d’authenticité poésie par l’image, d’attirer l’attention sur un problème de base, celui de la photographie expérimentale. A l’heure où les peintres du « Mec-Art » s’apprêtent à assumer un renouveau d’expressivité en ce domaine, les dix Gautrand existant en France (jalousés par leurs collègues conformistes, ignorés par les « vraies artistes », méprisés par l’opinion publique) sont-ils condamnés à demeurer pour toujours les Cousins Pons de la grande famille esthétique ? »


Expositions personnelles

1967 : Société Française de Photographie, Paris.

1968 : FNAC, Paris. Musée Cantini, Marseille.

1969 : Galerie des Quatre Vents, Paris. Avignon.

1970 : Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, ARC, Paris.

1974 : Artcurial, Photogalerie, Paris. Canon Galerie, Genève. Galerie Municipale du Château d’Eau, Toulouse. Photographers’ Gallery, London. Rencontres Internationales de la Photographie, Arles.

1977 : Biennale de Paris. Centre International de Séjour, Paris.

1978 : Galerie 74, Vienne. Musée Nicéphore Niepce, Chalon-sur-Saône. FNAC, Strasbourg, Metz.

1979 : Centre Culturel Français, New York. Galerie Paule Pia, Anlwerpen. ARPA, Bordeaux.

1980 : Mai des Flandres, Grignon, Week Gallery, Zûrich. « Five french photographers », Australian Center of Photography, Paddington.

1981 : « Ten Contemporary Photographers » (USA).

1983 : Berner Photo Gallery.

1984 : « Images et Imaginaires d’Architecture », Centre Georges Pompidou, Paris.

1989 : Photofolle, Rodez. « Vingt ans de photographie créative en France », Leverkusen (Allemagne).

1990 : « En train », Mission du Patrimoine Photographique, Paris.

1994 : « Du Mur de l’Atlantique au Mur de Berlin », FRAC Caen. Rencontres de Normandie.

1995 : « Métamorphoses parisiennes », Pavillon de l’Arsenal, Paris.

1997 : « Mémoire des lieux et des temps », espace photographique de Paris.
« Regards croisés », centre des bords de marne.

1998-99 : « Paris sous l’objectif », internationale et itinérante.

2002 : « Itinéraire d’un photographe, 1960-2000 », Villeneuve la rivière.
« Hommage », pavillon Baltard de Nogent sur Marne. « Forteresses du dérisoire », galerie Laurent Herschritt, Paris.

2003 : Itinéraire d’un photographe 1960-2000, Centre Régional de la Photographie Nord - Pas-de-Calais, Douchy. Bercy, une balade, Bercy Village.

2004 : Galerie W, Paris. « Chroniques Arlésiennes », Centre Iris, Paris.

2005 : « Structures », Galerie Photo, Montpellier. « Camp de Natzwiller-Struthof », Musée Réattu, Arles. « Itinéraire d’un photographe 1960-2005 », Musée de La Poste, Paris. Les boues rouges, Médiathèque de Cernay.

2006 : « Construction et Déconstruction », Galerie Philippe Chaume, Paris. Galerie Vrais Rêves, Lyon. « Travaux récents », Festival Regards, Villeneuve-la-Rivière.

2007 : « Le temps pour dire », Maison des Arts, Conches. Pavillon Baltard, Salle Wateau, Nogent sur Marne. Galerie W, Paris. « Métalopolis – Baltard », Galerie W, Paris.

2008 : « La lumière de l’ombre », Médiathèque de Forbach.

Collections

Les œuvres de Jean-Claude Gautrand ont été acquises et sont présentes dans de nombreux musées, galeries et collections privées, notamment dans les lieux suivants :
Bibliothèque nationale de France

Musée Réattu

Musée Cantini,

Château d'eau de Toulouse

Centre Pompidou

George Eastman House

Museum of Fine Arts, Houston

Maison européenne de la photographie

BDIC, Paris


 

Sélection d'oeuvres


Jean-Claude Gautrand - Pavillon Baltard
Pavillon Baltard - Photo de la destruction des Halles de Paris

Livre


jean-claude gautrand
Couverture du livre - Le Pavillon Baltard




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