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HOLGER JACOBS |
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Holger Jacobs est né à Hambourg. Après quelques années de droit, il se dirige vers une formation d’arts visuels où la photographie et la vidéo deviennent ses spécialités.
En 1970, il débute le premier volet de son travail photographique : « Poésie et Abstraction». Ce cycle de séries rassemble huit inspirations : New-York, Paris, A la piscine, L’alphabétisation de la liberté, Mediaword 1, Mediaword 2, 50 enfants, Musée de la communication. Les sujets varient mais le procédé est constant. Holger Jacobs capture avec son appareil photo des éléments du réel qu’il modifie digitalement. Il transcende ainsi la réalité pour donner sa vision de la réalité : l’identité de villes, des portraits, des instants du quotidien ou des événements sociaux marquants. Holger Jacobs produit volontairement des images esthétiques qui mettent à distance le réel. Loin du documentaire, l’image se transforme alors en surfaces de couleurs. Le motif encore discernable apparait flou. En frôlant l'abstraction, Holger Jacobs donne à l’objet une dimension intemporelle. C’est ainsi qu’il développe une dimension picturale nouvelle et crée des « peintures photographiques ». En 1994, il ouvre le deuxième volet de sa carrière photographique. Définie entre « Poésie et Réalité » il explore en six séries l’illusion du réel : Ville et Eros, Corps et lignes, Pêches et poivrons, Le chemin de la mémoire, Expression et danse, Mouvement et silence. L’authenticité du sujet dans le motif photographique jaillit dans la révélation de sa beauté. Holger Jacobs sublime ainsi sa réalité. L’artiste allemand est aujourd’hui largement plébiscité. Il expose dans des galeries et participe à de nombreuses foires d’art contemporain.
1996 Galerie de Nesle à Paris, France
1998 Galerie de Nesle à Paris, France 1999 Galerie de Nesle à Paris, France 2000 Musée Ludwig à Cologne, Allemagne Galerie municipale d’art contemporain à Dresde, Allemagne Musée d’art moderne de Cologne, Allemagne 2001 Institut Goethe à Paris, France Institut Goethe à Francfort, Allemagne Musée d’art moderne de Cologne, Allemagne 2002 Galerie Andreas Binder à Munich, Allemagne Galerie W à Bruxelles, Belgique Galerie W à Paris, France Triennale de photographies d’Hambourg, Allemagne 2003 Galerie Michael Schmalfuss à Marbourg, Allemagne Musée de la communication d’Hambourg, Allemagne Galerie Kulturamt à Bielefeld, Allemagne 2004 Musée du travail à Hambourg, Allemagne Banque régionale de la Hesse à Francfort, Allemagne Galerie de la photographie d’art à Munich, Allemagne 2005 Fischerplatzgallerie à Ulm, Allemagne Association d’art à Berlin-Mitte, Allemagne Galerie W à Paris, France 2006 Maison de Willy Brandt à Berlin, Allemagne Mois de la photographie à Berlin, Allemagne 2007 Galerie W à Paris, France 2008 Musée du film et de la télévision à Berlin, Allemagne Galerie W à Paris, France 2009 Galerie W à Paris, France
LE MONDE EN PIXELS D'HOLGER JACOBS
Les cycles de photographies splendidement colorées de Holger Jacobs ont pour thème les espaces de vie urbains, ruraux et individuels. Les motifs sont variés : de la ville avec son architecture typique au paysage pittoresque, du portrait expressif d’un musicien au nu évoluant sous l’eau. La structure urbaine de New York vue d’en haut, avec ses enfilades vertigineuses de rues et son puzzle de gratte-ciels imbriqués les uns dans les autres est rendue fascinante ; tout comme le Flatiron building qui se dresse, immense, devant l’objectif. L’immense océan d’immeubles de la mégapole est rendu constrastant. Les étendues champêtres de la série « Normandie » apparaissent romantiques dans leur horizontalité, avec leurs maisons basses en pierre brute, leurs prés et leurs collines. Bien que, dans ses photos, Holger Jacobs intègre rarement les habitants des lieux photographiés, ceux-ci y sont toujours présents. En effet, le langage communicationnel des photos correspond à la vision émotionnelle du photographe, qui découle de son vécu. Comme la photographie générative d’après-guerre, les travaux de Holger Jacobs se détachent de la réalité du fait de leur traitement informatique. Au lieu d’une photographie documentaire, soucieuse d’authenticité, l’artiste produit volontairement des structures esthétiques qui ne se contentent plus de restituer le réel, mais le distancient artificiellement. La transformation digitale de structures existantes en une grille de pixels donne au motif un flou qui réduit l’image à des surfaces de couleurs. C’est d’ailleurs ces couleurs désormais abstraites qui recomposent la photo et la plonge dans une lumière nouvelle. Les mises en scène de Holger Jacobs font intervenir de nouveaux moyens techniques dans le processus photographique, formulant ainsi une esthétique photographique propre. Les taches de pixels de couleur restent indubitablement liées au sujet de la photo et développent, en se déréalisant, une dimension picturale nouvelle. À la différence de l’école photographique des Becher qui garde une certaine neutralité par rapport à l’objet, Holger Jacobs ne cherche pas à représenter fidèlement la réalité, mais travaille sciemment avec les moyens picturaux qu’offre la photographie. C’est en cela que ce photographe renoue avec la photographie artistique des années 1930. Ainsi renoue-t-il, par exemple, avec les solarisations et rayogrammes de Man Ray, qui consistaient à rendre le sujet abstrait par des procédés d’insolation expérimentaux. Le dos de femme nu orné d’ouïes de violon est entré dans l’histoire de la photographie, en 1924, sous les traits de Kiki, le violon d’Ingres. En inversant l’action de la lumière, c’est-à-dire par solarisation, Man Ray parvenait à entourer les corps d’une auréole surréaliste. À l’instar de Man Ray, Holger Jacobs parvient aussi à dématérialiser son modèle par un procédé expérimental. Et pourtant, malgré leur effet pictural, les photos de Holger Jacobs témoignent de leur origine photographique. Le pictoralisme digital des travaux de Holger Jacobs efface les limites de la réalité pour permettre au spectateur d’interpréter ce qu’il voit à sa guise. Alors que les grands formats hyperréalistes de Struth et Gursky imposent la force d’une réalité non embellie, les gratte-ciels new-yorkais opèrent justement par leur qualité esthétique. Le flou les fait flotter entre réalité et fiction, puisque le dépaysement créé par la digitalisation complique volontairement la lecture des photographies. Pour Holger Jacobs, la réalité n’est jamais que la toile de fond d’une existence iconique autonome qui se produit d’elle-même par le biais du dépaysement digital. Dans ce processus, la structure en pixels joue le rôle d’un filtre qui absorbe les détails et qui accentue, par la couleur, les structures de la composition photographique. Ainsi les cubes formés par les immeubles et gratte-ciels se réduisent à des surfaces colorées presque monochromes : éliminées les rangées de fenêtres, les réclames lumineuses et autres caractéristiques de la vie urbaine. La priorité est donnée à la composition fondamentale de la photo ainsi qu’à la qualité chromatique de chaque élément. Le regard lyrique posé sur la réalité confère aux choses, personnes et paysages une aura qui les transporte au-delà de notre expérience. En décomposant la réalité, vécue comme unique, en pixels de couleur, toute tentative de lire la photo est un rapprochement. Un rapprochement possible grâce à des souvenirs et des associations d’idées ou un rapprochement qui se fait sur un plan esthétique, au point que les photographies de Holger Jacobs ne cesseront jamais d’échapper à une interprétation définitive. Heike van den Valentyn, Musée d’art de Düsseldorf
LE REGARD SUBJECTIF D‘HOLGER JACOBS
Holger Jacobs aborde le problème de la subjectivité dont est empreint tout regard sur l’espace urbain non seulement par le choix de ses sujets, mais surtout par le processus de production de ses œuvres. Ceci se manifeste en particulier dans le traitement digital des prises de vue, qui contribue à minimaliser le réalisme des motifs. Dans la mesure où les clichés n’ont pas été déjà réalisés à l’aide d’un appareil photo numérique, Jacobs les digitalise et traite les couleurs et la trame des originaux à l’aide d’un programme informatique spécial. C’est ainsi qu’un fauteuil rouge apparaît incandescent et que les toitures en plomb typiques du paysage parisien baignent dans une tonalité bleu-vert. En général, la structure des surfaces est traitée de façon à niveler les effets de profondeur du champ photographique et à abstraire certaines parties de l’image. Ensuite, les données sont transférées à des négatifs analogiques à partir desquels sont réalisés les tirages. Les modifications graphiques effectuées sur le motif n’apportent aucun élément figuratif à la photo d’origine ; l’effet de dépaysement se limite aux structures formelles de l’image. Le concept et le processus de traitement rappellent le pictoralisme, un mouvement qui se constitua aux États-Unis à la fin du XIXème siècle. Dans le but de délivrer la photographie de son statut de simple procédé de reproduction et d’en faire un moyen d’expression artistique, les pictoralistes ont associé des procédés photographiques et picturaux. Visant une esthétique impressionniste, ils conférèrent à leurs prises de vue une densité d’atmosphère grâce à un traitement chimique ou manuel des plaques négatives et par des techniques compliquées de tirage. Ces artistes n’avaient pas pour priorité de rendre la réalité perceptible à l’œil avec le maximum d’objectivité, mais à représenter une réalité filtrée à travers leur perception et leur émotion subjectives. En ce début de XXIème siècle, la photographie est reconnue depuis longtemps en tant que moyen d’expression artistique. Bien que, de plus en plus différencié, le terrain de la discussion critique et théorique reste délimité entre une photographie « documentaire objective » et une photographie « artistique subjective ». C’est exactement entre ces deux pôles qu’évolue Holger Jacobs avec, d’un côté, son style de dépaysement pictural et, de l’autre, sa fidélité aux éléments originaux de l’image. Partant de la reproduction de la réalité extérieure, il fait passer ses souvenirs, associations et sentiments personnels dans les photos. Ainsi situés entre documentation et fiction, entre reproduction et création, ses travaux se caractérisent par une ambiguïté qui leur donne une place particulière au sein de la photographie contemporaine. Ils parviennent ainsi, par leur ambivalence, à évoquer ce changement qui s´accomplit dans la perception et la mémoire d´une ville entre une situation publique existante et une perception subjective. Nina Gülicher, historienne d´art à Berlin |
Sélection d'oeuvres![]() Photo contrecollée sur alu et plexi |
| Pages media artistes W : CharlElie | Cynthia Cappe | Jean-Marc Dallanegra | Winnie Denker | Gary Farrelly | Jean-Claude Gautrand | Dom Garcia | Raymond Hains | Holger Jacobs | Troy Henriksen | Élodie Lachaud | Denis Robert | Miss.Tic Site de la Galerie W : http://www.galeriew.com |
Profils des artistes sur le site W : Joao Luis Bulcao | Cynthia Cappe | Jean-Marc Dallanegra | Winnie Denker | Gary Farrelly | Jean-Claude Gautrand | Raymond Hains | Troy Henriksen | Holger Jacobs | Élodie Lachaud | Mirko Lovric | Miss.Tic | Denis Robert |